Le Boxing Day 2012 : À quoi nous attendre?

Publié le mercredi 26 décembre 2012 à 12 h 02 min par Benoit Duguay.

La tradition du Boxing Day remonte à l’Angleterre du milieu du XIXe siècle pendant le règne de la reine Victoria. À l’origine, le lendemain de Noël était un jour férié à cause de la fête de St-Étienne (St Stephen en anglais), premier martyr de la chrétienté; ce jour-là, les marchands distribuaient des cadeaux à leurs employés et serviteurs en remerciement pour leurs loyaux services. L’appellation « Boxing » vient du fait que les cadeaux en question étaient distribués dans des boîtes, un terme qui se traduit par « Box » en anglais.

Cela dit, l’esprit de notre Boxing Day se situe à des années-lumière de celui d’origine, un geste de générosité et d’appréciation somme toute; les soldes importants qui sont maintenant consentis ce jour-là s’inscrivent dans la logique commerciale de ceux offerts depuis le Black Friday, voire avant, pour stimuler les ventes, cette période de l’année étant celle pendant laquelle les commerçants cumulent le plus gros de leurs profits chaque année.

Les longues files d’attente devant certains magasins sont l’aspect le plus visible de cet événement qui marque le début de la fin de cette orgie de dépenses de fin d’année; c’est un phénomène qui relève d’un comportement tribal, un terme que j’emprunte à mon ami Michel Maffesoli (Le temps des tribus). Ce comportement est analogue à ceux observés devant les boutiques Apple lors du lancement d’un nouveau produit, les usagers de produits Apple formant une tribu très particulière.

La frénésie de consommation qui s’empare de certains est symptomatique de notre monde actuel; après la société de consommation (1950-1990), puis celle d’hyperconsommation (1990-2010), voici celle de consumation. De nombreuses personnes dépensent sans compter pour acquérir des objets symboles, ou simplement pour se faire plaisir, jusqu’à se consumer elles-mêmes, entre autres en s’endettant au-delà des limites du bon sens. Pour les ménages canadiens, en 1980, le ratio moyen de la dette en proportion du revenu disponible était de 66 %; en décembre 2012, ce ratio atteint presque 165 %.

À quoi devons-nous nous attendre cette année au Boxing Day?

Je viens de mentionner l’endettement excessif des ménages. Une étude révèle que certains consommateurs commencent à prendre conscience de ce problème sérieux : les surplus d’argent iront à l’épargne pour 39 % d’entre eux et au remboursement des cartes de crédit et autres dettes pour 38 % (Confiance des consommateurs : une perspective canadienne — T3 de 2012 — Nielsen). Bref, près de 40 % des gens consommeront moins.

Par ailleurs, dans pratiquement tous les commerces, les soldes de Noël ont commencé dès la fin octobre et ont connu une ampleur sans précédent quant à leur importance (jusqu’à 60-70 %); quant au solde du Boxing Day en ligne, ils ont commencé le 24 décembre à 20 h. Bref le consommateur est hyperstimulé depuis deux mois. Pour un grand nombre de personnes, d’autres soldes le jour du Boxing Day pourraient bien ne pas avoir l’effet incitatif recherché, ne serait-ce que parce que le budget alloué aux dépenses de Noël (676 $ selon le Conseil Québécois du Commerce de Détail) est dépassé.

Finalement, j’ai constaté que dans plusieurs commerces, les tablettes étaient passablement dégarnies; tant pour les produits électroniques que pour les vêtements, les produits, les marques, les modèles et les tailles les plus populaires ont disparu, signe certain que les soldes des deux derniers mois ont eu l’effet escompté. Bien sûr, certains marchands, Best Buy et Future Shop par exemple, ont peut-être conservé des stocks de modèles particuliers pour les solder seulement au Boxing Day.

Ce matin, vers 10h, je suis passé au Future Shop de la rue St-Catherine au Centre-Ville de Montréal, lieu phare par excellence du Boxing Day; chaque année les files d’attente y sont très longues. Cette année, vous constaterez sur la photo ci-dessus qu’à peine 40 personnes attendaient devant ce magasin; par ailleurs, un peu plus tard, j’ai vu que personne ne faisait la queue devant le magasin Archambault coin Berri et Ste-Catherine.

Si j’étais un commerçant, je limiterais mes attentes quant aux ventes du Boxing Day cette année. Nous verrons!

Pour terminer, quelques conseils aux consommateurs du Boxing day :
1.    Repérez à l’avance l’article ou les articles que vous désirez acheter;
2.    Soyez familiers avec le prix régulier de ces articles pour être capables d’évaluer l’ampleur des soldes;
3.    Apportez l’argent comptant pour acheter ces articles;
4.    Si vous ne pouvez pas acquérir le ou les objets convoités, ne vous laissez pas tenter par d’autres produits.

Mes conseils visent avant tout à éviter un endettement additionnel subséquent à des achats impulsifs.

Deux de mes six entrevues du Boxing day dans les médias :

 

Un commentaire pour “Le Boxing Day 2012 : À quoi nous attendre?”

  1. Menage-Pro dit:

    Je trouve vraiment que c’Est du n’importe quoi, quand les gens passe la nuit devant un magasin, sachant que les réduction n’est pas réelle, ce n’est qu’une augmentation du prix quelque jour aprés la boxing day pour les réduire le jour J.



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