{"id":8,"date":"2009-11-11T14:08:22","date_gmt":"2009-11-11T19:08:22","guid":{"rendered":"http:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/?page_id=7"},"modified":"2019-02-22T21:26:15","modified_gmt":"2019-02-22T21:26:15","slug":"developpement-durable","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/developpement-durable\/","title":{"rendered":"D\u00e9veloppement durable"},"content":{"rendered":"<p>Alain A. GRENIER et Ari VIRTANEN<\/p>\n<p>En 1983, les Nations Unies mandatent Gro Harlem Brundtland, ancienne premi\u00e8re ministre de Norv\u00e8ge, \u00e0 mener une enqu\u00eate sur l\u2019\u00c9tat de sant\u00e9 de la plan\u00e8te. Sa Commission mondiale sur l\u2019environnement et le d\u00e9veloppement culminera par la publication en 1987 du rapport <em>Notre avenir \u00e0 tous<\/em> (<em>Our Common Future<\/em>). De ce rapport, jaillira un paradigme qui, quoique pas tout \u00e0 fait nouveau, n\u2019avait jamais obtenu l\u2019attention du public. Dans le contexte de la crise \u00e9nerg\u00e9tique des ann\u00e9es 1970 et de la crise environnementale des ann\u00e9es 1980, le vent tourne. L\u2019\u00e9veil environnemental qui a germ\u00e9 se traduira par la popularisation du paradigme de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980. Ce concept, vulgaris\u00e9 et consacr\u00e9 par Brundtland (1987), se d\u00e9finit comme\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">\u00ab\u00a0 un d\u00e9veloppement qui r\u00e9pond aux besoins du pr\u00e9sent sans compromettre la capacit\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations futures de r\u00e9pondre aux leurs propres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Cet \u00e9nonc\u00e9, plut\u00f4t vague, est ensuite repris largement dans la litt\u00e9rature scientifique et populaire, pour \u00eatre appliqu\u00e9 avec plus ou moins de r\u00e9flexion, \u00e0 plusieurs domaines, comme le tourisme, le transport, etc. Avant toute chose, le concept de d\u00e9veloppement durable \u00e9merge comme une philosophie de d\u00e9veloppement et de gestion qui doit guider les d\u00e9cideurs publiques, les gestionnaires, les entreprises et les citoyens dans leurs choix de consommation et leurs approches comportementales \u00e0 l\u2019\u00e9gard des ressources, des \u00e9cosyst\u00e8mes (y compris la flore et la faune) et de leurs concitoyens. Le concept est g\u00e9n\u00e9ralement repr\u00e9sent\u00e9 par un diagramme de Venn (illustration 1) o\u00f9 les trois sph\u00e8res d\u2019int\u00e9r\u00eats (\u00e0 savoir\u00a0: dimensions environnementale, sociale et \u00e9conomique), se marient au centre pour atteindre l\u2019\u00e9quilibre durable recherch\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"511\" height=\"401\" src=\"https:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/files\/2019\/02\/diagramme-Venn_d.d.-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-631\" srcset=\"https:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/files\/2019\/02\/diagramme-Venn_d.d.-3.png 511w, https:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/files\/2019\/02\/diagramme-Venn_d.d.-3-300x235.png 300w\" sizes=\"(max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Illustration 1&nbsp;: La repr\u00e9sentation la plus\nclassique du concept de d\u00e9veloppement durable (D.D.) et de ses piliers.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette repr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e8re plusieurs probl\u00e8mes. D\u2019une part, la d\u00e9finition omet toute r\u00e9f\u00e9rence claire \u00e0 la culture et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une gestion \u00e9thique des ressources. Des \u00e9cosyst\u00e8mes et des soci\u00e9t\u00e9s. Elle ne pr\u00e9cise pas non plus ce que la prise en compte des impacts implique. Ce faisant, elle demeure difficilement applicable. Cette faiblesse dans la d\u00e9finition du concept suscite les discussions et les d\u00e9bats. \u00c0 son tour, le discours morcel\u00e9 et parsem\u00e9 de fausses assomptions, devient trompeur et d\u00e9cousu (Liu, 2003\u00a0: 459). <\/p>\n\n\n\n<p>Une partie de cette confusion vient du fait que le concept de \u00ab\u00a0durabilit\u00e9\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 initialement amen\u00e9 pour r\u00e9pondre aux d\u00e9ficiences en mati\u00e8re de gestion environnementale des ressources et de conservation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Or, la protection de la main d\u2019\u0153uvre et la sauvegarde des cultures des communaut\u00e9s humaines s\u2019av\u00e8rent tout aussi importantes dans la r\u00e9alisation de la durabilit\u00e9. Le concept initial (reposant sur la recherche d\u2019un \u00e9quilibre entre les enjeux du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, le respect des populations locales et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes) a donc \u00e9t\u00e9 revu pour y int\u00e9grer les notions d\u2019\u00e9thique (Macbeth,2005: 4) et d\u2019\u00e9quit\u00e9 culturelle (UNESCO, 2001). Ainsi, le concept de d\u00e9veloppement durable comporte au moins cinq principaux p\u00f4les. <\/p>\n\n\n\n<p>En tenant compte de ces n\u00e9cessit\u00e9s de compromis, d\u2019\u00e9thique et d\u2019int\u00e9grit\u00e9, on peut alors d\u00e9finir le d\u00e9veloppement durable comme\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">un mode de gestion (des projets, produits et services) qui favorise et obtient une intendance \u00e9quilibr\u00e9e entre les objectifs de d\u00e9veloppement des acteurs et les retomb\u00e9es (sociales, culturelles et\u00e9conomiques) sans pour autant compromettre l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels et des communaut\u00e9s locales qui y vivent ou en d\u00e9pendent (adapt\u00e9 de Grenier, 2015). <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019application du concept de d\u00e9veloppement durable est souvent \u00e9tiquet\u00e9e d\u2019utopie. L\u2019approche holistique de la gestion que n\u00e9cessite l\u2019application du concept de d\u00e9veloppement durable n\u2019est certes pas facile. Elle n\u00e9cessite notamment une compr\u00e9hension minutieuse des interrelations entre les diff\u00e9rents piliers du d\u00e9veloppement selon des facteurset des indicateurs multiples. <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9bat sur la conceptualisation du d\u00e9veloppement durable, la recherche se penche depuis plusieurs d\u00e9cennies d\u00e9j\u00e0 sur l\u2019identification des indicateurs et des m\u00e9canismes les plus appropri\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des applications du d\u00e9veloppement durable. Le travail est rendu plus difficile du fait que le concept adopte une approche macro tandis que son application estdavantage li\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes de niveau micro. Plusieurs ont propos\u00e9 des mod\u00e8les d\u2019application au concept et identifi\u00e9s des indicateurs. Aucun mod\u00e8le \u00e0 ce jour n\u2019a obtenu de sanction universelle compte-tenu des difficult\u00e9s de concordance et d\u2019harmonisation entre les niveaux macro et micro de la gestion; et entre lesint\u00e9r\u00eats internationaux, r\u00e9gionaux et locaux. <\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des arguments d\u2019ordre conceptuel ou des difficult\u00e9s d\u2019application et de mesure, le concept de d\u00e9veloppement durable sous-entend de revoir la notion de croissance, dans une perspective n\u00e9cessaire de limites \u00e0 la croissance. Ce principe ne sera pas accept\u00e9 de tous les acteurs, \u00e0 moins de pouvoir d\u00e9montrer comment la croissance nuit \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre durable recherch\u00e9. Le concept de d\u00e9veloppement durable n\u00e9cessite aussi la transition \u00e9nerg\u00e9tique (p\u00e9riode au cours de laquelle des modes de productions \u00e9nerg\u00e9tiques \u00e9cologiquement responsables viendront graduellement remplacer les modes actuels d\u00e9faillants, sur le plan environnemental).<\/p>\n\n\n\n<p>La surveillance et l\u2019audit constituent deux moyens pour surveiller le d\u00e9veloppement et signaler les correctifs \u00e0 apporter \u00e0 tout d\u00e9s\u00e9quilibre dans l\u2019application du concept, des valeurs et des principes des concepts de d\u00e9veloppement et de tourisme durables.\u00a0 <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019application du concept et des principes du tourisme durables n\u00e9cessite de tous les acteurs et les b\u00e9n\u00e9ficiaires de revoir et changer certains de ses comportements de consommation et de gestion pour adopter des modes de fonctionnement plus \u00e9quilibr\u00e9s, moins nocifs pour l\u2019environnement et ce, dans le plein respect des droits humains \u2013 dont l\u2019acc\u00e8s, l\u2019\u00e9quit\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9). Cela n\u00e9cessite une meilleureconnaissance des acteurs de leurs impacts (Miller <em>et al.<\/em> 2010). \u00c0 court termes, cela peut n\u00e9cessiter des sacrificeset des investissements. \u00c0 long terme, c\u2019est l\u2019ensemble des soci\u00e9t\u00e9s, descitoyens et des \u00e9cosyst\u00e8mes qui enb\u00e9n\u00e9ficient.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 les principes et les valeurs qui guident la\nrecherche que professeurs et \u00e9tudiant.e.s m\u00e8nent ensembles dans le cours ESG\n6230 \u2013 Gestion du d\u00e9veloppement durable&nbsp;: exploration internationale. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>BRUNTLAND, Gro Harlem (1987) <em>Our common Future<\/em>, World Commission on Environment and Development,WCED.<\/p>\n\n\n\n<p>GRENIER, Alain A.\n(2015) \u00ab&nbsp;Tourisme durable&nbsp;\u00bb, pp. 997-1001, dans <em>Le dictionnaire de\nla pens\u00e9e \u00e9cologique<\/em>, sous la direction de D. Bourg et A. Papaux.\nParis : Presses universitaires de France. 1088 pages.<\/p>\n\n\n\n<p>LIU, Z.H. et E. JONES\n(1996) \u00ab&nbsp;Systems perspective of sustaianble tourism&nbsp;\u00bb, p.p. 209-221 dans\n<em>Proceedings of the International\nConference on Urban and Regional Tourism<\/em>, sous la direction de M. SAAYMAN, Potchefstroom:\nAfrique du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>MacBETH, Jim (2005) \u00ab\u00a0Towardsan ethics Platform for tourism\u00a0\u00bb, <em>Annalsof Tourism Research<\/em>, vol. 32, no. 4, p. 962-984. <\/p>\n\n\n\n<p>MILLER, Graham; Kathryn RATHOUSE;\nCaroline SCARLES; Kirsten HOLMES et John TRIBE (2010) \u00ab&nbsp;Public\nUnderstanding of Sustainable Tourism \u00bb,\n<em>Annals of Tourism Research<\/em>, Vol. 37, No. 3, pp.\n627\u2013645.<\/p>\n\n\n\n<p>UNESCO \u2013 Organisation des Nations Unies pour\nl\u2019\u00e9ducation, la science et la culture (2001) \u00ab&nbsp;D\u00e9claration\nuniverselle de l\u2019UNESCO sur la diversit\u00e9 culturelle&nbsp;\u00bb, UNESCO.\n&lt;http:\/\/portal.unesco.org\/fr\/ev.php-URL_ID=13179&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html\n&gt;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alain A. 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