{"id":321,"date":"2010-09-30T14:02:23","date_gmt":"2010-09-30T14:02:23","guid":{"rendered":"http:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/?p=321"},"modified":"2010-11-01T13:07:22","modified_gmt":"2010-11-01T13:07:22","slug":"321","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogue.uqam.ca\/gestionressources\/2010\/09\/30\/321\/","title":{"rendered":"L\u2019industrie de l\u2019h\u00e9bergement et le d\u00e9veloppement durable :  \u00e9tude comparative et limites d\u2019application des diff\u00e9rents programmes de gestion durable existants"},"content":{"rendered":"<h2><strong><em>par St\u00e9fanie DESROSIERS <\/em><\/strong><\/h2>\n<h2><strong><em>et Mathieu LAVOIE<br \/>\n<\/em><\/strong><\/h2>\n<p>Depuis maintenant plusieurs ann\u00e9es, le concept de d\u00e9veloppement durable se pose comme un moyen de trouver des solutions \u00e0 des probl\u00e9matiques d\u2019envergure tant locale que plan\u00e9taire dans le but de retrouver l\u2019\u00e9quilibre entre le d\u00e9veloppement humain et le maintien de la p\u00e9rennit\u00e9 du monde dans lequel nous vivons. Ce qui n\u2019\u00e9tait au d\u00e9part qu\u2019un effet de mode est devenu rapidement un incontournable pour pratiquement toutes les industries (Barry, 2007\u00a0: 1), et m\u00eame dans la majorit\u00e9 des activit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>En faisant r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9l\u00e9ments tir\u00e9s du rapport de la Commission Brundtland, <em>Our common future <\/em>(1987), plusieurs institutions publiques et priv\u00e9es tentent d\u2019adopter des pratiques respectant les principes de d\u00e9veloppement durable qui y sont \u00e9nonc\u00e9es. <em>Brundtland<\/em> (1987\u00a0: 24) d\u00e9finit le d\u00e9veloppement durable comme un moyen de r\u00e9aliser les besoins des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes sans compromettre la possibilit\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations futures \u00e0 le faire. M\u00eame si le concept existait d\u00e9j\u00e0, l\u2019originalit\u00e9 de <em>Bruntland<\/em> fut d\u2019associer la notion de durabilit\u00e9 \u00e0 trois piliers, \u00e0 savoir environnemental, \u00e9conomique et social.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s pr\u00e9sent, principalement dans les pays industrialis\u00e9s et de plus en plus dans les pays en voie de d\u00e9veloppement, ce concept est souvent interpr\u00e9t\u00e9 seulement par son volet environnemental, mais le d\u00e9veloppement durable implique beaucoup plus que la gestion des ressources naturelles. Il s\u2019agit en fait d\u2019une approche pour permettre \u00e0 tous les \u00eatres humains de satisfaire leurs besoins essentiels et d\u2019aspirer \u00e0 am\u00e9liorer leur qualit\u00e9 de vie (Brundtland, 1987\u00a0: 54). L\u2019int\u00e9gration d\u2019un mod\u00e8le allant dans ce sens repr\u00e9sente un immense d\u00e9fi pour les soci\u00e9t\u00e9s industrielles et postindustrielles puisqu\u2019elle implique des changements profonds, autant dans leur rapport avec la nature que dans les modes de vie des individus qui les compose. Le mod\u00e8le entre de plus en contradiction avec l\u2019id\u00e9ologie \u00e9conomique, sociale et culturelle dominante dans ces m\u00eames pays industrialis\u00e9s et remet en question le rapport d\u2019in\u00e9galit\u00e9 qu\u2019ils entretiennent avec les pays moins d\u00e9velopp\u00e9s qui sont une importante source d\u2019approvisionnement en ressources naturelles et en biens de consommation.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019adoption du programme <em>Action 21<\/em>, refl\u00e9tant un consensus mondial et un engagement politique au niveau le plus \u00e9lev\u00e9 sur la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement et d\u2019environnement (Nations Unies, 1992, 1.1.3), la plupart des pays membres de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE) ont con\u00e7us et mis en \u0153uvre des strat\u00e9gies nationales de d\u00e9veloppement durable (OCDE, 2006\u00a0: 7). <em>Action 21<\/em> se base d\u2019abord et avant tout sur des strat\u00e9gies, des plans, des politiques et des processus nationaux mis de l\u2019avant par les diff\u00e9rents gouvernements et ce dans le but de prot\u00e9ger et mieux g\u00e9rer les \u00e9cosyst\u00e8mes et assurer un avenir plus s\u00fbr et plus prosp\u00e8re (Nations Unies, 1992, 1.1.3).<\/p>\n<p>Le secteur du tourisme n\u2019est pas en reste. En effet, plusieurs d\u00e9marches ont aussi \u00e9t\u00e9 mises de l\u2019avant pour et par les entreprises du milieu touristique et plus particuli\u00e8rement du domaine de l\u2019h\u00e9bergement et de la restauration. Au niveau international, des grandes chaines h\u00f4teli\u00e8res comme Intercontinental ont choisi de se doter de la certification australienne <em>Earth Check. <\/em>Cette certification peut \u00eatre obtenue gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019un outil en ligne permettant de se doter d\u2019une politique de durabilit\u00e9 servant \u00e0 guider les op\u00e9rations de l\u2019\u00e9tablissement. En effet, en instaurant un calendrier de mises \u00e0 jour r\u00e9guli\u00e8res et en organisant des audits sur site, <em>Earth Check<\/em> assure, entre autre, aux entreprises participantes une am\u00e9lioration de leur conception et de leur efficacit\u00e9 op\u00e9rationnelle (Earth Check, 2010). Le Nord de l\u2019Europe a pour sa part privil\u00e9gi\u00e9 une certification environnementale nomm\u00e9e Swan Ecolabel. Cette certification, d\u2019origine su\u00e9doise, cr\u00e9\u00e9e en 1989, se veut un outil pour permettre aux consommateurs de choisir les meilleurs produits et services en mati\u00e8re de respect de l\u2019environnement (Nordic ecolabel, 2010).\u00a0 Il poss\u00e8de une section sp\u00e9cialis\u00e9e dans les pratiques de l\u2019industrie h\u00f4teli\u00e8re (Nordic ecolabel, 2010). \u00a0En Am\u00e9rique du Nord, le nombre grandissant d\u2019\u00e9tablissements se munissant de la certification <em>Cl\u00e9 verte<\/em>, cr\u00e9\u00e9 par l\u2019Association des h\u00f4tels du Canada, permet de constater que les entreprises sont d\u00e9j\u00e0 affair\u00e9es \u00e0 am\u00e9liorer la gestion de leurs diff\u00e9rentes ressources \u00e0 ce niveau. En effet, ce programme d&rsquo;\u00e9valuation progressif con\u00e7u pour reconna\u00eetre les \u00e9tablissements d\u2019h\u00e9bergement qui sont engag\u00e9s \u00e0 am\u00e9liorer leur rendement financier et environnemental (GreenKeyGlobal, 2010) permet aux h\u00f4teliers de d\u00e9couvrir des m\u00e9thodes pour r\u00e9duire les co\u00fbts d\u2019exploitation et les impacts sur l&rsquo;environnement de leur entreprise. Il s\u2019agit d\u2019un processus de v\u00e9rification auto-administr\u00e9 et librement consenti con\u00e7u pour aider un h\u00f4tel \u00e0 d\u00e9finir ses empreintes \u00e9cologiques actuelles (GreenKeyGlobal, 2010).<\/p>\n<p>Au Qu\u00e9bec, l\u2019Association des h\u00f4teliers de la province, en partenariat avec la Fondation qu\u00e9b\u00e9coise en environnement, a mis sur pied le programme <em>R\u00e9servert<\/em>. Ce programme, bas\u00e9 sur une formation progressive et continue, vise \u00e0 reconna\u00eetre les initiatives de l\u2019industrie de l\u2019h\u00f4tellerie qu\u00e9b\u00e9coise en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement durable. Concr\u00e8tement, il prend la forme d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils qui permet aux h\u00f4teliers de prendre en main leur \u00e9volution vers le d\u00e9veloppement durable de fa\u00e7on autonome (AHQ, 2008).<\/p>\n<p>Maintenant plus que jamais, les professionnels de l\u2019industrie de la restauration et de l\u2019h\u00e9bergement per\u00e7oivent le d\u00e9veloppement durable comme une opportunit\u00e9 financi\u00e8re ayant des avantages tels la r\u00e9duction des pertes et des co\u00fbts de toutes sortes \u00e0 moyen et long terme et la r\u00e9duction des frais li\u00e9s \u00e0 la formation par la baisse du taux de rotation de la main d\u2019\u0153uvre, pour ne nommer que ceux-l\u00e0 (Barry, 2007\u00a0: 2). Ils le per\u00e7oivent aussi comme un moyen de sortir gagnant de la crise \u00e9conomique des derni\u00e8res ann\u00e9es qui ne peut \u00eatre que n\u00e9faste pour l\u2019industrie du tourisme et les secteurs qui y sont associ\u00e9s (Moosmann, 2009 et Cassingham, 2009). Mais par-dessus tout, ces intervenants de l\u2019industrie s\u2019aper\u00e7oivent que les mesures \u00abdurables\u00bb offrent un plus grand pouvoir d\u2019attraction (Barry, 2007\u00a0: 2) puisque, entre autre, les clients et les employ\u00e9s y sont de plus en plus sensibilis\u00e9s (Lalibert\u00e9, 2009\u00a0: 1). Ces derniers prennent conscience de l\u2019importance d\u2019appliquer les principes du d\u00e9veloppement durable et appr\u00e9cient le fait de travailler et\/ou de loger dans un \u00e9tablissement qui fait des efforts pour ajuster ses pratiques en fonction des valeurs pr\u00f4n\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c9tant conscient de l\u2019impact n\u00e9gatif \u00e0 plusieurs \u00e9gards (environnement, soci\u00e9t\u00e9, \u00e9conomie) que causent certains mod\u00e8les de projets pr\u00e9sents dans l\u2019industrie touristique et dans le secteur de l\u2019h\u00e9bergement (Cohen, 1978), il devient n\u00e9cessaire de transcender la motivation li\u00e9e \u00e0 l\u2019aspect financier vers une prise de conscience globale de l\u2019importance d\u2019un retour \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre mentionn\u00e9 plus haut.\u00a0 M\u00eame si l\u2019industrie \u0153uvre \u00e0 modifier ses pratiques, la litt\u00e9rature scientifique li\u00e9e \u00e0 ce sujet est quasi-inexistante, outre \u00a0<em>The International tourism partnership<\/em> (ITP, 2009) et <em>Sustainable hospitality<\/em> (Houdr\u00e9, 2006 et Kasim, 2007).<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude consiste en une analyse comparative de deux programmes visant \u00e0 rendre durable les pratiques des \u00e9tablissements d\u2019h\u00e9bergement (au Canada, Cl\u00e9 verte, et Nordic Ecolabel en Scandinavie).\u00a0 L\u2019\u00e9tude a pour but de dresser un portrait des forces et faiblesses des mod\u00e8les europ\u00e9en et nord-am\u00e9ricain et de mettre en lumi\u00e8re les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019un qui pourraient b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 l\u2019autre. Pour ce faire, cette \u00e9tude\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>s\u2019affairera \u00e0 r\u00e9aliser une revue th\u00e9orique des      composantes de ces deux programmes; et<\/li>\n<li>d\u00e9terminera les points communs et les      diff\u00e9rences de ces deux programmes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Appliqu\u00e9e au domaine de la gestion, cette \u00e9tude comparative de nature qualitative sera bas\u00e9e sur la litt\u00e9rature existante dans le domaine ainsi que sur l\u2019observation des pratiques d\u2019h\u00f4tels, au Canada et en Scandinavie, qui appliquent ces programmes.\u00a0 Une description des deux mod\u00e8les permettra de mieux comprendre leur nature, leurs structures, leur r\u00f4le et leur fonctionnement.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #000080\">St\u00e9fanie DESROSIERS et Mathieu LAVOIE sont \u00e9tudiants au baccalaur\u00e9at en gestion du tourisme et de l&rsquo;h\u00f4tellerie de l&rsquo;ESG-UQAM.\u00a0 Cet extrait est tir\u00e9 de leur projet final de recherche.<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par St\u00e9fanie DESROSIERS et Mathieu LAVOIE Depuis maintenant plusieurs ann\u00e9es, le concept de d\u00e9veloppement durable se pose comme un moyen de trouver des solutions \u00e0 des probl\u00e9matiques d\u2019envergure tant locale que plan\u00e9taire dans le but de retrouver l\u2019\u00e9quilibre entre le d\u00e9veloppement humain et le maintien de la p\u00e9rennit\u00e9 du monde dans lequel nous vivons. 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